Idée : En 2014, on tend à séparer voire à opposer les univers de la littérature et du jeu vidéo. Comme l’explique cet article d’Avorpal l’écrivain-scénariste est souvent la cinquième roue du carrosse, appelé à la fin pour boucher les trous. Pourtant, on pourrait envisager que les deux arts sont des formes de narration qui partagent plus de points communs que de différences. Au lieu de chercher à améliorer sans cesse les performances techniques des consoles, on pourrait améliorer les scénarii et les contenus proposés.

Le RPG, ou Role-Playing Game, est un type de jeu, hérité des jeux de table tels que Donjons et Dragons, souvent taxé de véhiculer des clichés. Dans 99% d’entre eux, le héros serait un jeune homme dont le village a été détruit par le grand méchant. Il devrait traverser des pays, récupérer des objets et défaire des boss pour parvenir à l’ennemi ultime et sauver la princesse et/ou le monde. Evidemment tous les jeux ne correspondent pas à cette caricature mais le cahier des charges strict et connu en fait un terrain d’expérimentation intéressant pour varier les contenus.

La contrainte de temps : Un RPG est généralement défini par un long temps de jeu. En tant que gamer, j’attendrais dix à vingt heures. Ce modèle fait la part belle aux périodes de levelling, c’est-à-dire d’entraînement. Le joueur est censé combattre des centaines d’ennemis pour gagner de l’expérience et progresser. Pour rompre avec cet aspect, nous posons une contrainte de temps : l’histoire doit pouvoir être terminée en 5 minutes. En ce sens, nous espérons retrouver les qualités du format « nouvelle » (par rapport au roman) : une amorce qui accroche le joueur, une histoire qui va à l’essentiel sans fioritures et une chute surprenante.

Univers commun : Pour trancher avec le cliché du jeune héros, nous avons choisi de l’évacuer. Les cinq histoires prennent place dans le même univers (médiéval fantastique) mais suivent des personnages différents et originaux (le chien du héros, la fiancée délaissée, le monstre rival du héros, etc.)

Ce qui est demandé à l’écrivain : Uniquement le scénario. La programmation, les graphismes et les musiques sont pris en charge par d’autres personnes. Laurent s’occupe de coordonner le tout (comme ça, s’il y a un problème, on sait à qui se plaindre). L’écrivain va, dans un premier temps, définir son héros et sa mission (qu’on adapte ensuite en gameplay : infiltration, recherche, combat, énigme, etc.) Puis dans un deuxième temps, le scénariste écrit les dialogues et donc les choix possibles (qui peuvent mener à plusieurs fins possibles).

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